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 LES RISQUES ANIMALIERS

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MessageSujet: LES RISQUES ANIMALIERS   Mar 17 Jan - 21:01

Les Risques animaliers

La détention de serpents, notamment les espèces venimeuses, présente certains risques.


I. Quelques rappels biologiques
Ces rappels nous permettront de mieux comprendre ces animaux et ainsi de mieux évaluer les dangers qu'ils peuvent occasionner, selon les espèces.

Les risques éventuels sont directement liés à la biologie des animaux et il n'est pas inutile de rappeler les points communs à toutes les espèces de serpents :

la poïkilothermie : ce sont des animaux dont le sang a une température variable
ils sont peu évolués au sens strict du terme
ce sont tous des prédateurs
ce sont des animaux discrets, fuyant les hommes
ce sont des animaux apodes descendant des lézards
ils ont des couleurs les rendant souvent peu visibles
ils ont une morphologie tout-terrain
ils ont un squelette entièrement articulé
ils ont une musculature puissante
ils se déplacent par reptation
ce sont d'excellents grimpeurs
Ils sont autant à l'aise sur terre que dans l'eau et ils se retrouvent dans tous les milieux terrestres :

dans les forêts
dans les déserts
dans les zones humides
dans la mer
dans les arbres
ils sont uniquement absents dans les zones polaires.
Derrière la paroi vitrée d'un terrarium, il n'y a aucun risque. Le danger existe dès que les portes du vivarium s'ouvrent ou en cas de fuite du serpent hors de son enclos.
Tous ces rappels montrent qu'en cas d'évasion d'un serpent, il ne faut exclure aucun endroit pour le chercher. Retrouver un spécimen peut se révéler être un vrai parcours du combattant. Il faut inspecter en priorité les endroits chauds et humides: derrière un radiateur, une chaufferie, la salle de bains...

II. La prédation
Tous carnivores, les serpents sont très bien équipés pour chasser. Ils ont une bonne vision, complétée d'un odorat efficace et d'un sens voméronasal développé.

Sans rentrer dans une description anatomique détaillée qui fera l'objet d'un prochain article, soulignons quand même la présence d'un organe particulier chez le serpent : l'organe de Jakobson. Cet organe, situé au-dessus de la gueule, analyse, à chaque fois qu'ils sortent ou rentrent leur langue, des particules récoltées sur cette dernière, donnant ainsi à l'animal des informations olfactives précises sur son environnement.

De même, certaines espèces possèdent des fossettes thermolabiales. Ces fossettes thermosensibles sont tapissées d'une couche de cellules qui renferme de nombreux thermorécepteurs reliés au cerveau. Ces cellules transmettent au cerveau du serpent des informations sur les variations de températures de son environnement et l'animal pourra se créer une image thermique de ce qui l'entoure, détectant ainsi la chaleur émise par les petits animaux à sang chaud qui constituent ses proies.

Nous sommes toujours impressionnés en voyant un serpent avaler une proie en entier. Pour réaliser cet exploit dont il peut se vanter, le serpent possède un crâne et une mâchoire particuliers. La présence d'un os appelé “ os carré ” leur permet d'ouvrir la gueule à 180°. Les mâchoires inférieures de ces animaux sont reliées entre elles par un ligament, elles peuvent bouger indépendamment l'une de l'autre et faire avancer la proie dans la bouche au fur et à mesure.

Tous les serpents n'ont pas la même dentition. On distingue 4 groupes de serpents classés selon leur type de dentition (de la moins élaborée à la plus évoluée) :

les serpents aglyphes
les serpents opistoglyphes
les serpents solénoglyphes
les serpents protéroglyphes
1) Les serpents aglyphes
Les serpents dotés de ce genre de dentition sont les boas, les pythons, les couleuvres.

Ce sont des serpents constricteurs qui étouffent leur proie.

Ils ont une dentition sans dent creuse ou sillonnée qui pourrait injecter du venin. Les espèces qui peuvent atteindre de grandes tailles comme le python molure peuvent présenter des risques s'ils sont en liberté dans des pièces avec des jeunes enfants.

2) Les serpents opistoglyphes
Les serpents dotés de ce genre de dentition sont les boomslang, boïgas, couleuvres. Ils sont venimeux, mais le danger est moindre, car les deux dents à sillon sont situées à l'arrière de la mâchoire, ce qui réduit le risque d'envenimation. Le venin est injecté pendant la déglutition. Deux espèces sont véritablement dangereuses: le boomslang et le serpent liane.

3) Les serpents protéroglyphes
Les serpents dotés de ce genre de dentition sont les mambas, cobras, serpents corail. Leur venin est dangereux voire mortel. Ils injectent un venin qui tue la proie et facilite la digestion.

Leur dentition présente deux dents profondément sillonnées situées à l'avant de la mâchoire.

4) Les serpents solénoglyphes
Les serpents dotés de ce genre de dentition sont les vipères, crotales, bothrops, trimeresurus.

Ils sont aussi dangereux voire mortels. Ils injectent un venin qui tue la proie et facilite la digestion. Leur dentition présente deux dents pourvues d'un canal interne à venin, ces crochets se déplient en ouvrant la gueule.

III. Les risques en général
Dépourvus de tout sentiment et d'affectivité, les serpents ne peuvent être considérés comme des animaux de compagnie. En réagissant de façon instinctive, ils peuvent causer des blessures sans intention de nuire à leur soigneur. Aucun serpent n'est méchant et, à la différence d'un chien, ils ne peuvent s'éduquer. Par contre, certains individus sont plus ou moins agressifs.

1) Les morsures simples :
la gravité dépend de la taille du serpent
risques limités si une désinfection soigneuse est effectuée
risques réellement graves pour des enfants
risques liés à la cohabitation directe avec les hommes
risques limités si plusieurs personnes peuvent intervenir
2) Les étouffements :
risques limités pour une personne adulte, uniquement valables pour les grands serpents ou lorsque le serpent est mis autour du cou.
risques réels pour des enfants cohabitant avec un grand serpent.
action de surprise lors d'une manipulation.
3) Les envenimations :
Sur 2700 espèces, seulement 400 sont venimeuses, ce qui relativement modeste, sachant que tous les venins ne sont pas tous dangereux ou mortels.

Il y a 5.400.000 morsures par an.

80 % en Asie
15 % en Afrique
5 % en Amérique du Sud et Centrale
50 % des morsures sont sans envenimation.

Environ 125.000 décès par an.

Ces chiffres donnent un aperçu de l'importance des risques d'envenimation, qui sont assez minces. Les cas mortels sont aussi assez rares, par rapport au nombre de morsures. Dans les régions exotiques, le risque est plus grand, car c'est là que vivent les serpents les plus venimeux et que les secours sont les moins performants: distance et durée trop longues pour la prise en charge, manque de matériels et de connaissances… Tous ces facteurs ne font qu'aggraver le risque de mortalité. Dans nos régions, le risque est moindre, car seules les vipères peuvent présenter un risque et notre système de soins est très au point.

a) La gravité de l'envenimation dépend :

de l'espèce du serpent
des conditions de la morsure (attaque, défense)
de la condition physique de la victime
du temps écoulé jusqu'à l'administration des soins
b) La fonction venimeuse :

elle est la plus évoluée des vertébrés
c'est un moyen de prédation et accessoirement de défense
l'envenimation a une action digestive, le venin dégrade les tissus
IV. Les venins
Ils sont produits dans des glandes spécifiques. Les venins se composent :

de protéines à 90 %
d'acides nucléiques
de lipides
de carbohydrates
Les protéines composent le principe actif des venins.

Les venins peuvent avoir une action :

neurotoxique
cytotoxique
hémotoxique
Ils ont en général plusieurs de ces actions.

Les toxines (elles se répartissent en 8 classes) se fixent sur un capteur spécifique.

En fonction du récepteur, elles ont plusieurs effets :

neurologiques
cardio-vasculaires
musculaires
Le but est d'immobiliser la proie.

Les enzymes (elles se répartissent en 5 classes) ont des propriétés catalytiques et transforment un élément défini.

Contrairement aux toxines, elles peuvent transformer autant de molécules qu'elles rencontrent.

Elles entraînent :

des dommages capillaires
des nécroses tissulaires
des hémorragies internes
Le but est de débuter la digestion.

Toutes les classes de toxines ou d'enzymes ne sont pas présentes en même temps.

Les risques réels en cas de morsure par un serpent venimeux:

a) Morsure d'un serpent opistoglyphe : Venin neurotoxique, hémorragique
Symptômes :

saignements de la plaie
hémorragie des gencives, des muqueuses
céphalées, nausées
Avec un traitement symptomatique, l'envenimation reste en général sans conséquences graves excepté pour le boomslang et le serpent liane.

b) Morsure d'un serpent protéroglyphe : Venin neurotoxique, hémotoxique
Syndrome cobraïque :

troubles de la sensibilité (paresthésies locorégionales)
paralysie respiratoire
syndrome muscarinique ( ptosis, vomissements, hypersécrétion bronchique …)
troubles du rythme ventriculaire
troubles de la vision, de l'ouie, vertiges
pas de signes inflammatoires
destruction de la rétine en cas de projection dans les yeux, mais inoffensif sur la peau
Traitement :

Réanimation
Assistance respiratoire
Sérum thérapie
Lavage de l'œil à l'eau en cas de projections
Sans traitement, la mort survient dans les douze heures ou parfois plus pour des espèces marines.

c) Morsure de solénoglyphes : Venin hémotoxique, cytotoxique en général
Syndrome vipérin :

syndrome local marqué et hémorragique
syndrome hémorragique qui peut durer 8 à 10 jours (saignements de parties saines)
douleur et œdème immédiats
parfois nécrose humide ou gangrène gazeuse
vertiges, fièvre
Traitement

réanimation symptomatique si forme grave (remplissage vasculaire, ventilation assistée, épuration extra rénale)
sérum thérapie ou immunothérapie
héparine inutile
chirurgie réparatrice
Sans traitement, la mort survient par choc hémorragique ou par une hémorragie cérébro-méningée.

Conduite à tenir en cas de morsure :

Mettre la victime en position couchée.
Alerter les secours.
Veiller à ce que la victime ne fasse aucun effort physique.
Calmer voire sédater la victime.
Calmer la douleur : paracétamol (élapidés), morphine (vipéridés).
Mettre de la glace enveloppée dans un linge près de la morsure.
Recueillir tous les éléments qui permettront d'identifier l'espèce de serpent (lieu géographique de la morsure, couleur, forme de la tête…), ramener le cadavre si possible.
Laver les yeux à l'eau claire en cas de projection de venin.
Questionner la victime sur la date de son dernier vaccin antitétanique.
Transporter la personne vers un hôpital au plus vite.
Notons pour conclure que les serpents sont victimes de leur mauvaise réputation, car comme nous l'avons vu, peu d'espèces sont venimeuses et quand elles le sont, les risques sont relatifs.
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