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 Basiliscus plumifrons

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MessageSujet: Basiliscus plumifrons   Jeu 12 Jan - 22:03

Basiliscus plumifrons


Le lézard fait partie d’une très grande famille, celle des iguanidés, qui regroupe plus de 700 espèces. On ne trouve ( à quelques exceptions près) les membres de cette famille que sur le continent américain. Basiliscus plumifrons vit sur les grosses branches des arbres de la forêt tropicale d’Amérique centrale. Son aire de répartition est à cheval sur quatre pays : le Panama, le Nicaragua, le Honduras et le Costa Rica. Ce n’est pas la plus grande espèce du genre puisque Basiliscus basiliscus atteint 90 cm, son aire de répartition est plus large mais on le trouve moins fréquemment en terrarium, peut-être parce que la coloration de Basiliscus basiliscus est peu attrayante par rapport à son cousin, en effet il possède une robe brune quasi uniforme. Basiliscus vittatus ne possède pas non plus une robe très brillante, ressemblant à B. basiliscus, mais sa taille modeste (50 à 60 cm) en fait un lézard plus fréquent dans les animaleries. Quant à B. plumifrons, il mesure jusqu’à 70 cm, ce n’est pas un très grand lézard et de ce fait trop de terrariophiles ignorant les réels besoins de ces animaux un peu particuliers les maintiennent dans des terrariums trop exigus.la nervosité des Basilics nécessite la construction d’un terrarium de taille conséquente.


morphologie

Le corps de B. plumifrons ressemble au type même du lézard arboricole: pattes arrière très longues et musclées, queue longue et fine représentant les deux tiers de la longueur totale du lézard, des doigts très allongés munis de longues griffes, un corps assez fin et une tête bien distincte du corps. Les mâles Basilics verts possèdent une grande crête partant d’entre les yeux et formant un triangle au début de la nuque. Cette crête peut dépasser 6 cm de haut. Le dos est parcouru par une seconde crête très haute formant un long éventail et cesse au début de la queue pour laisser place à une troisième crête le long de la première moitié de la queue. Chez les femelles, seul un petit appendice sur l’arrière de la tête et sur le dos est visible, ce qui rend la distinction sexuelle facile chez des sujets sub-adultes.

La coloration est uniformément verte, passant parfois au bleuté et ce, on suppose, pour des raisons nutritionnelles. L’œil est jaune, et la pupille ronde et noire contraste avec le reste du corps.



particularité

A l’aide de ses deux pattes arrière, en station debout et du fait de sa vitesse (12 km/heure), sa légèreté et surtout la physionomie de ses doigts qui " coincent " des bulles d’air entre la plante des doigts et l’eau lorsqu’il la touche, peut courir sur la surface de l’eau pour fuir d’éventuels prédateurs. Cette faculté a fait jaillir de l’esprit des indiens de nombreuses croyances: fantôme, esprit des anciens, messager des Dieux... Et là encore déception, ce n’est qu’un reptile, un lézard comme il y en a tant . Il est évident que pour " planer " de la sorte, les Basilics aient besoin de beaucoup d’élan et d’une grande surface d’eau, donc ce comportement est impossible à observer en terrarium, du moins à l’échelle de l’amateur.

Mais un tel comportement de fuite montre que notre animal est très nerveux, et c’est ce qui conditionne toute sa maintenance en terrarium. Apeuré, le Basilic fuit droit devant lui, et si une vitre se trouve sur son chemin, il s’y heurtera avec des conséquences évidentes : Blessures, fractures et déformations du museau.Diurne, il passe bon nombre d’heures à lézarder sur son perchoir ou à draguer dès qu’une femelle se perd dans son quartier. Ce n’est pas un très grand actif mais ces départs fulgurants et son irritabilité font qu’il faut faire attention, les premiers mois du moins, lorsqu’on s’en approche.

En théorie un tel animal peut vivre dans un terrarium de 120 cm de long sur 150 cm de haut et 80 cm de large, mais on considère qu’en dessous de 150 cm de long sur 160 cm de haut sur 100 cm de profondeur, on ne peut espérer conserver un couple dans de bonne conditions. 200 cm de long sur 200 cm de haut et 100 cm de large reste la taille idéale.

En aucun cas les vitres latérales ne resteront transparentes, car visuellement le lézard croira avoir le champ libre pour courir et butera contre les parois. Des plantes (fausses, les vraies seront détruites) hautes et touffues (faux yucca, philodendron ou ficus benjamina) seront placées sur les cotés pour qu’il s’y réfugie en cas de panique. En règle générale le terrarium doit inspirer confiance, pour que le lézard se sente en sécurité, on le placera donc en hauteur, ainsi il pourra toiser la pièce et ceux qui s’y agitent. toutefois, s’habituant à la présence humaine, les Basilics verts se calmeront vite et au bout de quelques mois, on pourra travailler dans le terrarium sans que notre lézard ne s’affole frénétiquement. Néanmoins, il restera sur ses gardes, et ceux qui veulent un lézard " cool " et facile à manipuler devront se rabattre sur un lézard plus docile comme le Physignatus.

Ses mœurs arboricoles impliquent que l’on dispose des branches, assez grosses, dans le terrarium. L’une d’entre elle, horizontale et placée sous le point chaud servira de perchoir principal. Sous ce point chaud, la température atteindra 32 à 35°C. La température ambiante se situera entre 27 et 30°C.

L’humidité, entretenue par des pulvérisations et un bac d’eau important, atteindra 70%. Le bac d’eau sert en outre aux bains des Basilics qui y plongent volontiers en cas de danger ou pour s’abreuver, d’ailleurs dans la nature ils se positionnent la plupart du temps au dessus d’un point d’eau. Il va de soi que cette eau restera propre, d’autant plus que ces lézards ont souvent l’habitude d’y faire leurs besoins, un filtre intérieur pour aquarium permettra de maintenir l’eau claire et de créer un certain courant évitant la disgracieuse pellicule bactérienne flottant à la surface. Ce bac sera vidangé le plus souvent possible, tous les jours si sa taille le permet, le filtre est alors superflu, sinon, un nettoyage hebdomadaire est envisagé, une épuisette servira à retirer les grosses déjections que le filtre ne peut " digérer ".


Dernière édition par le Sam 29 Sep - 17:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Basiliscus plumifrons   Jeu 12 Jan - 22:04

Quant au sol, il pourra être garni d’écorces de pin, de tourbe ou laissé nu. Cette troisième solution à l’avantage d’empêcher que les proies tel que les grillons et les blattes ne s’enterrent et ne sortant que la nuit, se retrouvent hors de portée de notre lézard et en viennent à se multiplier. En revanche, il demande un plus grand entretien et retient mal l’humidité, ayant tendance à créer des flaques.

L’acquisition de jeunes nés en captivité facilite l’acclimatation. On les place dans un grand terrarium de 100 cm de long sur 100 à 120 cm de haut, puis quelques mois plus tard on les introduit dans le terrarium définitif, ils seront assez débrouillards pour chasser les proies perdus dans cette immensité artificielle et s’habitueront à cet espace qui sera le leur toute leur vie, la panique d’un jeune pouvant plus facilement se cacher n’aura pas de conséquences fâcheuses pour sa santé, adulte il saura trouver ses marques et une certaine confiance en son soigneur. En vertu du conseil donné plus haut concernant les accouplements prématurés, on peut placer un grillage séparant le terrarium en deux afin que les lézards se voient, observent l’autre coté de la barrière sans que le mâle ne pourchasse la (les) femelle, ou bien encore prévoir un terrarium de quarantaine quand le mâle, durant sa deuxième année, agressera les femelles. Il va sans dire qu’après cette deuxième année délicate, en aucun cas on ne voudrait empêcher nos tourtereaux de roucouler à la reptilienne et qu’ils fassent de nombreux petits œufs.

L’alimentation du Basilic vert
sera composée de petits et gros insectes et de petits vertébrés. Les jeunes mangent des grillons, des jeunes criquets et des vers de farine (à saupoudrer de calcium!). Puis peu à peu ils se nourriront de souriceaux et de blattes de différents stades. Les adultes mangent des jeunes souris, des criquets adultes (ayant l’avantage d’être diurnes et arboricoles eux aussi), de grillons, de blattes géantes (excellente nourriture).

La littérature montre souvent B. plumifrons comme un lézard partiellement végétarien et surtout frugivore. Cette habitude se perd en terrarium, peut-être ne trouvent-ils pas les végétaux ou fruits qui les attirent dans la nature. Toutefois on mélangera aux larves ou aux souriceaux des carrés de poire, pomme, de fruits rouges, d’agrumes, de banane... ainsi que des fleurs et des végétaux tel que la mâche, la luzerne, le trèfle, les épinards... L’absence de certaines substances végétales donnerait une coloration bleutée à certains Basilics verts élevés longtemps en terrarium, certains éleveurs se refusent à compléter l’alimentation de leur animaux avec des végétaux pour obtenir cette couleur, mais n’est-ce pas préjudiciable à leur santé ? Devant le refus de certains individus à manger leur ration végétale, certains amateurs rusent en badigeonnant les proies de confiture ou de fruits broyés !

Bien sûr, que ce soient des jeunes ou des adultes, on ne choisira que des individus en parfaite santé, l’œil vif et toujours sur le qui vive. Quand vous le saisissez (avec le plus de mal possible), on doit sentir sa force dans ses pattes. Chez un lézard connu pour être nerveux, peureux, voire agressif, se laisser prendre en main facilement est un signe de mauvaise santé, en tout cas en début d’acclimatation, avec le temps il se calmera même si il est très difficile d’apprivoiser un Basilic comme on apprivoise un Iguane vert ou un Physignatus cocincinus. Pour vous montrer la sensibilité de notre lézard, sachez qu’il y a eu des cas, par stress intense, d’arrêts cardiaques!!!

Reproduction sous surveillance
Comme je l’ai dit plus haut, un danger guette la femelle si elle est accouplée trop jeune, mais ce cap franchi, la reproduction de Basiliscus plumifrons ne pose guère de difficultés, sauf peut-être sa discrétion car les accouplements sont brefs et rarement observés, en vertu de sa permanente méfiance. Les pontes sont tout aussi discrètes et leur lieu échappe parfois à l’œil du terrariophile qui a pour seul indice la perte d’embonpoint de la femelle.

Il semble que les reproductions aient plus de chance d’aboutir si on recrée une saison des pluies avec une légère baisse de température (2 ou 3 degrés) et une augmentation de l’hygrométrie (80 à 90%) obtenue par des pulvérisations bi-journalières. Si vous avez la chance de surprendre les ébats de vos Basilics, vous constaterez qu’il ne sont pas particulièrement violents même si le mâle saisit avec sa gueule la nuque de la femelle. Celle-ci ne se rebellera pas, soulevant sa queue, elle laissera le champ libre aux ardeurs de monsieur. Toutefois, si elle est réticente, le mâle la lâchera et recommencera un peu plus tard. Pour éviter d’épuiser la femelle, il est judicieux d’en mettre une deuxième dans le terrarium, la constitution d’un harem est, chez beaucoup de lézards, une parade à l’ardeur des mâles. Si la place ne le permet pas, il faudra prévoir un terrarium de quarantaine pour le mâle lorsqu’on constatera que la femelle est épuisée, apathique ou amaigrie. Mais ce sont tout de même des cas assez rares.

Environ quatre à six semaines après l’accouplement, la femelle prend de l’embonpoint, son appétit diminue, et c’est parfois le seul moment où l’on peut se dire qu’il y a bel et bien eu un accouplement .

Durant cette période, les mâles peuvent perturber les femelles et provoquer un stress conduisant à une rétention d’œufs, il est alors conseiller de surveiller le mâle. Le moment de la ponte approchant, on retirera le bac d’eau car ce genre de lézard ont souvent la fâcheuse tendance de pondre dans l’eau, les œufs seront alors perdus.

La ponte a lieu en général deux mois après l’accouplement, il y en a souvent plusieurs, comportant 8 à 16 œufs chacune. Certaines femelles excellent dans l’art de pondre dans un endroit bien caché. On place un récipient fermé mais pourvu d’un large trou d’accès à la place du bassin d’eau. Ce pondoir contiendra une épaisse couche de tourbe et de mousse ou, plus hygiénique mais moins efficace, de vermiculite bien humidifiée... Si après l’excitation terrassière des jours précédents la ponte, et le retour à des rondeurs plus habituelles, vous n’avez rien trouvé dans le pondoir, il faudra fouiller le terrarium et ausculter le dessous des roches, dans les pots de fleurs... Comme chez tous les reptiles les œufs de Basilic vert ne doivent pas être secoués et encore moins retournés, il convient donc de les découvrir et de les sortir à la manière d’un archéologue trouvant une poterie égyptienne de l’ancien empire ! On marquera avec un crayon la face supérieure de l’œuf pour situer le haut et ne pas le retourner.



L’incubation artificielle se fera à une température de 29- 30°C et à une humidité de 80-90%. Il faut vérifier la bonne santé des œufs et retirer les œufs jaunis, flétris ou moisis. La vermiculite humide voire du gravier fin sont les meilleurs substrats lors de l’incubation. La forte humidité ne doit pas occulter l’importance d’une bonne aération, par ailleurs il faut prendre garde à ce que les gouttes de condensation ne tombent pas sur les œufs.

L’incubation dure entre 60 et 70 jours, plusieurs jours peuvent séparer l’éclosion des petits d’une même portée mais ne doit pas excéder quatre jours, si c’est le cas on incisera les œufs retardataires pour vérifier s’il s’agit d’un mort né ou d’un fainéant. Le gonflement des œufs dans les dernières semaines est normal, ne vous affolez pas !



Les jeunes mesurent entre 11 et 13 cm, ces petites allumettes articulées sont bien sûr tout aussi nerveuses que leur parents mais en beaucoup plus petits et donc plus fragiles. Leur premier repas sera offert trois jours après l’éclosion, on leur donnera des micro-grillons, des asticots, des mouches, des petits vers de farine... Un terrarium communautaire est envisageable, le sol sera nu et le décor simpliste car on doit pouvoir retirer les proies non consommées pour qu’elles ne s’attaquent pas aux lézards. Un terrarium individuel de 50 cm de long sur 40 de large et 40 cm de haut suffit pour un individu durant les premiers mois. Bien sûr les conditions de maintenance seront identiques à celles des adultes avec une rigueur plus accentuée à apporter sur la ration de calcium ainsi qu’à l’humidité car même avec un bac d’eau ces petits basilics se déshydrateront vite si l’air est sec: une hygrométrie de 80 à 90% est nécessaire les premier mois.


Bien nourris, ils atteindront 35 cm à un an pour 40 grammes soit dix fois plus qu’à leur naissance, le terrarium grandira en conséquence et dès le sixième mois on surveillera les rapports de force chez les jeunes mâles. Par ailleurs notons que la robe des jeunes peut donner une mauvaise impression sur leur coloration future, en effet leur vert bleuté éclatant est masqué par des rayures verticales noires et un dos brun qui laissera place à la couleur adulte vers un an.

On peut dire que B. plumifrons est aussi fascinant que délicat. Cette délicatesse s’effacera devant le spectacle si les deux mamelles du bon élevage de cet Iguanidé sont respectées, à savoir: espace et calme ! B. plumifrons s’avère alors robuste, il peut toutefois vite être la victime d’une gaffe ou d’un accident. Mais avoir un Dieu vivant, incarnation des esprits de la forêt, au milieu de son salon, demande des sacrifices et certaines précautions. Ceux qui croient en la réincarnation diraient que c’est celle d’une divinité Aztèque, mais nous, terrariophiles rigoureux dirons qu’il s’agit d’abord d’un magnifique lézard

texte de :Vincent NOËL
crédit photos : rob 84
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